N'ayant pas encore eu la
''chance'' de découvrir son premier long-métrage de science-fiction
Space Time : L'Ultime Odyssée,
de William Eubank je ne connaissais jusque là que le piètre
Paranormal Activity : Next of Kin
et l'assez moyen The Signal.
À priori, Underwater
avait tout pour me plaire. Un univers en vase-clos avec en outre de
quoi développer mon aversion pour tout ce qui touche aux fonds
marins causant parfois de manière irraisonnée des crises
d'ablutophobie. À la simple lecture du synopsis, un titre un seul me
vint à l'esprit. Celui de Sanctum
d'Alister Grierson qui malgré des critiques plus que mitigées lors
de sa sortie en salle restait une sympathique expérience
claustrophobe où la hantise de manquer d'oxygène en pleine plongée
sous-marine demeurait tout de même remarquablement efficace... En
fouillant un peu plus en profondeur dans le script d'Adam Cozad et
Brian Duffield, on constate que les deux hommes puisèrent dans une
foule de références dont quelques-uns des grands classiques de la
science-fiction de la seconde moitié du vingtième-siècle puisqu'en
effet, l'un et l'autre ne semblent pas avoir lésiné au moment de
''piller'' tout un tas d'idées parmi les meilleurs d'au moins trois
opus de la saga Alien.
C'est ainsi que l'héroïne de Underwater
emprunte ici le look d'Ellen Louise Ripley plus connue sous le nom de
Ripley qui dans ALIEN³ évoluait
tout comme ici Kristen Stewart dans le rôle de l'ingénieure
mécanique Norah Price, le crâne rasé. S'agissant de
l'environnement visuel et sonore, l'on est par contre ensuite plus
proche du premier Alien
réalisé par Ridley Scott. Mais si l'on veut être tout à fait
honnête, il faut rendre à César ce qui est à César puisque le
plus gros emprunt semble avoir été effectué auprès de l'univers
de James Cameron, Underwater
paraissant parfois hésiter entre Aliens :
le retour
et le formidable Abyss.
Pourtant, contrairement à ce dernier, pas grand chose d'autre à se
mettre sous la dent que de très belliqueuses créatures
sous-marines. Avec ses bestioles dont l'apparence générale
contraste surtout avec le noir épiderme des fameux xénomorphes de
la franchise de science-fiction et d'épouvante, l'on a droit à une
version drastiquement réduite de l'immense Kaijū qui dévasta la
ville de New York dans l'excellent Cloverfield
douze ans avant la sortie de Underwater...
Après,
il reste toujours très simple de comparer ce dernier avec ses
ancêtres auxquels on pourrait rajouter l'assez flippant The
Descent de
Neil Marshall sorti en salle en 2005. Chaque film étant nourri
d'inspirations diverses et variées, Undewater
poursuit le chemin tout tracé d'une science-fiction extrêmement
sombre, barbare, bruitiste et dont le dénominateur commun est une
certaine appétence pour tout ce qui touche au blockbuster bien
bourrin. Genre, The
Chronicles of Riddick de
David Twohy ou l'inattaquable (du moins, selon certains) Event
Horizon - Le Vaisseau de l'au-delà
de Paul W. S. Anderson. Univers perpétuellement plongé dans
l'obscurité, Jumpscares (du pauvre) permanents, musique électronique
assourdissante signée de Marco Beltrami et Brandon Roberts,
caractérisation réduite au minimum, premier degré assumé,
Underwater
est aussi un film à la gloire de son héroïne incarnée par Kristen
Stewart. Un panégyrique vantant les mérites de cette femme très
courageuse qui se sacrifie lors d'un final au visuel qui ferait
presque regretter que toute l’œuvre ou presque fut plongée dans
une obscurité quasi totale. N'aidant pas à la pleine compréhension
de ce qui se déroule à l'écran et n'aidant certainement pas mieux
à la pleine lisibilité des environnements qui entourent nos
protagonistes, le montage parfois épileptique de Brian Berdan et
Todd E. Miller se célèbre ici comme une inhalation mal dosée de
trichloréthylène ! Très prise de tête, donc... Underwater
n'est pas très original, manque (ironiquement) de profondeur, les
personnages sont peu ou pas développés quant à l'esthétique
générale, elle plonge les héros dans un gloubiboulga de décors
enchevêtrés conçus par Ravi Bansal, Kelly Curley, Erik Osusky,
Scott Plauche et Loic Zimmermann qui rendent parfois difficile la
compréhension de l'environnement dans lequel les protagonistes
évoluent. Au final, Underwater
n'est pas un mauvais film. Simplement, il conviendra davantage aux
amateurs de blockbusters bourrins qu'aux fans de Hard science-fiction
ou de space opera beaucoup plus fins et spirituels, telles
quelques-unes des plus belles séries issues de l'univers de Star
Trek...
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