vendredi 7 août 2026

Underwater de William Eubank (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 

 

N'ayant pas encore eu la ''chance'' de découvrir son premier long-métrage de science-fiction Space Time : L'Ultime Odyssée, de William Eubank je ne connaissais jusque là que le piètre Paranormal Activity : Next of Kin et l'assez moyen The Signal. À priori, Underwater avait tout pour me plaire. Un univers en vase-clos avec en outre de quoi développer mon aversion pour tout ce qui touche aux fonds marins causant parfois de manière irraisonnée des crises d'ablutophobie. À la simple lecture du synopsis, un titre un seul me vint à l'esprit. Celui de Sanctum d'Alister Grierson qui malgré des critiques plus que mitigées lors de sa sortie en salle restait une sympathique expérience claustrophobe où la hantise de manquer d'oxygène en pleine plongée sous-marine demeurait tout de même remarquablement efficace... En fouillant un peu plus en profondeur dans le script d'Adam Cozad et Brian Duffield, on constate que les deux hommes puisèrent dans une foule de références dont quelques-uns des grands classiques de la science-fiction de la seconde moitié du vingtième-siècle puisqu'en effet, l'un et l'autre ne semblent pas avoir lésiné au moment de ''piller'' tout un tas d'idées parmi les meilleurs d'au moins trois opus de la saga Alien. C'est ainsi que l'héroïne de Underwater emprunte ici le look d'Ellen Louise Ripley plus connue sous le nom de Ripley qui dans ALIEN³ évoluait tout comme ici Kristen Stewart dans le rôle de l'ingénieure mécanique Norah Price, le crâne rasé. S'agissant de l'environnement visuel et sonore, l'on est par contre ensuite plus proche du premier Alien réalisé par Ridley Scott. Mais si l'on veut être tout à fait honnête, il faut rendre à César ce qui est à César puisque le plus gros emprunt semble avoir été effectué auprès de l'univers de James Cameron, Underwater paraissant parfois hésiter entre Aliens : le retour et le formidable Abyss. Pourtant, contrairement à ce dernier, pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent que de très belliqueuses créatures sous-marines. Avec ses bestioles dont l'apparence générale contraste surtout avec le noir épiderme des fameux xénomorphes de la franchise de science-fiction et d'épouvante, l'on a droit à une version drastiquement réduite de l'immense Kaijū qui dévasta la ville de New York dans l'excellent Cloverfield douze ans avant la sortie de Underwater...


Après, il reste toujours très simple de comparer ce dernier avec ses ancêtres auxquels on pourrait rajouter l'assez flippant The Descent de Neil Marshall sorti en salle en 2005. Chaque film étant nourri d'inspirations diverses et variées, Undewater poursuit le chemin tout tracé d'une science-fiction extrêmement sombre, barbare, bruitiste et dont le dénominateur commun est une certaine appétence pour tout ce qui touche au blockbuster bien bourrin. Genre, The Chronicles of Riddick de David Twohy ou l'inattaquable (du moins, selon certains) Event Horizon - Le Vaisseau de l'au-delà de Paul W. S. Anderson. Univers perpétuellement plongé dans l'obscurité, Jumpscares (du pauvre) permanents, musique électronique assourdissante signée de Marco Beltrami et Brandon Roberts, caractérisation réduite au minimum, premier degré assumé, Underwater est aussi un film à la gloire de son héroïne incarnée par Kristen Stewart. Un panégyrique vantant les mérites de cette femme très courageuse qui se sacrifie lors d'un final au visuel qui ferait presque regretter que toute l’œuvre ou presque fut plongée dans une obscurité quasi totale. N'aidant pas à la pleine compréhension de ce qui se déroule à l'écran et n'aidant certainement pas mieux à la pleine lisibilité des environnements qui entourent nos protagonistes, le montage parfois épileptique de Brian Berdan et Todd E. Miller se célèbre ici comme une inhalation mal dosée de trichloréthylène ! Très prise de tête, donc... Underwater n'est pas très original, manque (ironiquement) de profondeur, les personnages sont peu ou pas développés quant à l'esthétique générale, elle plonge les héros dans un gloubiboulga de décors enchevêtrés conçus par Ravi Bansal, Kelly Curley, Erik Osusky, Scott Plauche et Loic Zimmermann qui rendent parfois difficile la compréhension de l'environnement dans lequel les protagonistes évoluent. Au final, Underwater n'est pas un mauvais film. Simplement, il conviendra davantage aux amateurs de blockbusters bourrins qu'aux fans de Hard science-fiction ou de space opera beaucoup plus fins et spirituels, telles quelques-unes des plus belles séries issues de l'univers de Star Trek...

 


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