Driller Killer,
Ms. 45,
Fear City,
The King of New York,
Bad Lieutenant,
The Addiction...
Six films cultes réalisés par un seul homme : Abel Ferrara.
Du cinéma underground même lorsqu'il a le privilège d'être
interprété par de grands noms tels que Christopher Walken, Laurence
Fishburne ou Harvey Keitel... Durant sa carrière, le cinéaste
américain eu l'occasion de s'exercer à l'horreur, au fantastique et
à la science-fiction à quelques rares occasions. The
Addiction
et son vampirisme allégorique sur le VIH. New
Rose Hotel
et son univers dominé non plus par des états mais par des
corporations technologiques s'affrontant dans des guerres économiques
mondiales. 4:44 Last Day on Earth et
la disparition totale de la biosphère terrestre prévue pour le jour
où se situe l'action, à 4h44 du matin. Mais parmi ces rares
exemples de films sortant du cadre habituel proposé par Abel Ferrara
et par son fidèle scénariste Nicholas St. John qui fut à l'origine
des scripts de la quasi totalité des œuvres signées du maître,
Body Snatchers
reste un film à part puisque étant la troisième adaptation à
l'écran du roman de Jack Finney The
Body Snatchers après
Invasion of the Body Snatchers
de
Don Siegel en 1955, suivi de la version éponyme et authentiquement
paranoïaque de Philip Kaufman en 1978 et avant la dernière en date
signée d'Oliver Hirschbiegel en 2007 et intitulée The
Invasion.
Sans parler bien évidemment du mockbusters produit par The
Asylum,
Invasion of the Pod People
réalisé
quant à lui par Justin Jones... J'ai beau l'avoir vu quatre ou cinq
fois et à chaque projection, c'est la même chose : rejet total pour
cette version d'Abel Ferrara datant de 1992. Impossible d'adhérer à
ce nouveau concept pour lequel les différents auteurs du scripts ont
choisi d'éclipser le monde extérieur pour concentrer le récit sur
une base militaire. Un choix ''innovant'' pour un résultat qui
laisse tout de même assez perplexe. Signifiant probablement un
discours beaucoup plus musclé et sans doute plus inquiétant et
alarmiste s'agissant de l'emprise de forces armées par une entité
venue de l'espace. L'un des remparts ultimes pour la survie de
l'espèce humaine étant ainsi dévoyé par des organismes qui tout
comme dans les deux précédentes adaptations prennent possession des
corps afin de les imiter physiquement à la perfection et de prendre
leur place. Comme d'habitude, l'un des premiers symptômes et cette
absence totale d'émotion chez ces nouveaux individus alors
facilement repérables. Cette ''suite'' à l'origine de laquelle l'on
trouve une fois de plus Nicholas St. John, mais aussi Dennis Paoli
et... Stuart Gordon au scénario...
Lequel
sera ensuite remanié par Raymond Cistheri et par... Larry Cohen,
change radicalement la donne et semble avoir été prise d'une crise
de ''jeunisme'' puisque les véritables héros de cette histoire ne
sont plus dans la même tranche d'âge que ceux des deux premiers
longs-métrages mais s'inscrivent dans une post-adolescence difficile
à travers le personnage de Marti Anwar, jeune femme ayant des
difficultés de communication avec sa belle-mère Carol. Incarnée à
l'écran par Gabrielle Anwar, elle est la fille du professeur Steve
Malone, lequel est envoyé avec toute sa famille sur une base
militaire située en Alabama afin d'effectuer des recherches sur
différentes substances employées par l'armée pour y tester leurs
effets sur la faune et la flore. À proximité de la base, et alors
que Marti, son père, sa belle-mère et son petit frère Andy (Reilly
Murphy) se sont arrêtés à une station-essence, l'adolescente est
''agressée'' par un soldat caché dans les toilettes de
l'établissement. Lequel prévient des dangers qu'elle encoure... Le
ton est donné : Dès le départ, Abel Ferrara brise le mur du
silence et produit une œuvre de science-fiction qui manque
cruellement de finesse. Chose que l'on aurait pu notamment reprocher
à James Cameron lorsqu'il transforma le mythe de Alien
de Ridley Scott en film de guerre s'il n'avait pas su en réalité
transformer l'univers anxiogène et pesant en une alternative toute
aussi passionnante. Abel Ferrara tente bien de cultiver l'atmosphère
paranoïaque instaurée quinze ans auparavant par Philip Kaufman mais
n'y parvient jamais vraiment. Body
Snatchers
souffre en outre de la présence de protagonistes dénués de tout
charisme. Si Meg Tilly, qui interprète la belle-mère Carol semble
se réveiller d'un long sommeil avant chaque prise, Terry Kinney,
dans le rôle du père Steve Malone n'a absolument aucun intérêt.
Parmi les personnages secondaires l'on retrouve l'actrice Christine
Elise, tout d'abord connue pour avoir incarné le rôle d'Emily
Valentine dans la série Beverly
Hills 90210.
Elle endosse le rôle de la fille du commandant de la base. Une jeune
rebelle totalement transparente puisque énième représentation de
la contestation adolescente vue des centaines de fois sur grand
écran. Quant à Billy Wirth, il campe le rôle du jeune et beau
soldat TimYoung, seul espoir pour Marti d'espérer pouvoir fuir un hypothétique lieu de refuge (la base) transformé alors en véritable
repère pour les extraterrestres. Passons sur des effets-spéciaux
complétement largués (le jeune frère chutant de l'hélicoptère)
qui nuisent à un film qui fleure bon le nanar à douze millions de
dollars et l'on tient là la plus mauvaise adaptation du roman de
Jack Finney...
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