Affichage des articles dont le libellé est Meg Tilly. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Meg Tilly. Afficher tous les articles

jeudi 4 juin 2026

Body Snatchers d'Abel Ferrara (1993) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Driller Killer, Ms. 45, Fear City, The King of New York, Bad Lieutenant, The Addiction... Six films cultes réalisés par un seul homme : Abel Ferrara. Du cinéma underground même lorsqu'il a le privilège d'être interprété par de grands noms tels que Christopher Walken, Laurence Fishburne ou Harvey Keitel... Durant sa carrière, le cinéaste américain eu l'occasion de s'exercer à l'horreur, au fantastique et à la science-fiction à quelques rares occasions. The Addiction et son vampirisme allégorique sur le VIH. New Rose Hotel et son univers dominé non plus par des états mais par des corporations technologiques s'affrontant dans des guerres économiques mondiales. 4:44 Last Day on Earth et la disparition totale de la biosphère terrestre prévue pour le jour où se situe l'action, à 4h44 du matin. Mais parmi ces rares exemples de films sortant du cadre habituel proposé par Abel Ferrara et par son fidèle scénariste Nicholas St. John qui fut à l'origine des scripts de la quasi totalité des œuvres signées du maître, Body Snatchers reste un film à part puisque étant la troisième adaptation à l'écran du roman de Jack Finney The Body Snatchers après Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel en 1955, suivi de la version éponyme et authentiquement paranoïaque de Philip Kaufman en 1978 et avant la dernière en date signée d'Oliver Hirschbiegel en 2007 et intitulée The Invasion. Sans parler bien évidemment du mockbusters produit par The Asylum, Invasion of the Pod People réalisé quant à lui par Justin Jones... J'ai beau l'avoir vu quatre ou cinq fois et à chaque projection, c'est la même chose : rejet total pour cette version d'Abel Ferrara datant de 1992. Impossible d'adhérer à ce nouveau concept pour lequel les différents auteurs du scripts ont choisi d'éclipser le monde extérieur pour concentrer le récit sur une base militaire. Un choix ''innovant'' pour un résultat qui laisse tout de même assez perplexe. Signifiant probablement un discours beaucoup plus musclé et sans doute plus inquiétant et alarmiste s'agissant de l'emprise de forces armées par une entité venue de l'espace. L'un des remparts ultimes pour la survie de l'espèce humaine étant ainsi dévoyé par des organismes qui tout comme dans les deux précédentes adaptations prennent possession des corps afin de les imiter physiquement à la perfection et de prendre leur place. Comme d'habitude, l'un des premiers symptômes et cette absence totale d'émotion chez ces nouveaux individus alors facilement repérables. Cette ''suite'' à l'origine de laquelle l'on trouve une fois de plus Nicholas St. John, mais aussi Dennis Paoli et... Stuart Gordon au scénario...


Lequel sera ensuite remanié par Raymond Cistheri et par... Larry Cohen, change radicalement la donne et semble avoir été prise d'une crise de ''jeunisme'' puisque les véritables héros de cette histoire ne sont plus dans la même tranche d'âge que ceux des deux premiers longs-métrages mais s'inscrivent dans une post-adolescence difficile à travers le personnage de Marti Anwar, jeune femme ayant des difficultés de communication avec sa belle-mère Carol. Incarnée à l'écran par Gabrielle Anwar, elle est la fille du professeur Steve Malone, lequel est envoyé avec toute sa famille sur une base militaire située en Alabama afin d'effectuer des recherches sur différentes substances employées par l'armée pour y tester leurs effets sur la faune et la flore. À proximité de la base, et alors que Marti, son père, sa belle-mère et son petit frère Andy (Reilly Murphy) se sont arrêtés à une station-essence, l'adolescente est ''agressée'' par un soldat caché dans les toilettes de l'établissement. Lequel prévient des dangers qu'elle encoure... Le ton est donné : Dès le départ, Abel Ferrara brise le mur du silence et produit une œuvre de science-fiction qui manque cruellement de finesse. Chose que l'on aurait pu notamment reprocher à James Cameron lorsqu'il transforma le mythe de Alien de Ridley Scott en film de guerre s'il n'avait pas su en réalité transformer l'univers anxiogène et pesant en une alternative toute aussi passionnante. Abel Ferrara tente bien de cultiver l'atmosphère paranoïaque instaurée quinze ans auparavant par Philip Kaufman mais n'y parvient jamais vraiment. Body Snatchers souffre en outre de la présence de protagonistes dénués de tout charisme. Si Meg Tilly, qui interprète la belle-mère Carol semble se réveiller d'un long sommeil avant chaque prise, Terry Kinney, dans le rôle du père Steve Malone n'a absolument aucun intérêt. Parmi les personnages secondaires l'on retrouve l'actrice Christine Elise, tout d'abord connue pour avoir incarné le rôle d'Emily Valentine dans la série Beverly Hills 90210. Elle endosse le rôle de la fille du commandant de la base. Une jeune rebelle totalement transparente puisque énième représentation de la contestation adolescente vue des centaines de fois sur grand écran. Quant à Billy Wirth, il campe le rôle du jeune et beau soldat TimYoung, seul espoir pour Marti d'espérer pouvoir fuir un hypothétique lieu de refuge (la base) transformé alors en véritable repère pour les extraterrestres. Passons sur des effets-spéciaux complétement largués (le jeune frère chutant de l'hélicoptère) qui nuisent à un film qui fleure bon le nanar à douze millions de dollars et l'on tient là la plus mauvaise adaptation du roman de Jack Finney...

 

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...