''Le meilleur de la
science-fiction. Inspirée, intelligente et déjantée''.
''Une histoire palpitante''.
''Riche, intime, profondément troublante''.
Des avis comme ceux-ci, il en existe encore beaucoup d'autres et tous
concernent The Strange Dark,
premier long-métrage du réalisateur et scénariste Chris Messineo.
Le sujet tout comme l'installation des personnages et le cadre plutôt
réduit situant son action dans une seule pièce peuvent
éventuellement évoquer le géniallissime The
Man from Earth
que Richard Schenkman réalisa en 2007. Projeté dans vingt-sept
festivals, nominé à trente-quatre reprises, The
Strange Dark
a remporté treize prix ! Pas un, pas deux, ni même cinq ou dix
mais treize. Un nombre qui semble avoir porté chance au cinéaste
mais certainement pas aux spectateurs puisque on ne sait par quel
miracle le long-métrage a pu engranger tant de prix alors même que
rien ne vient motiver le moindre engouement pour ce petit film qui ne
méritait pas tant d'éloges et de louanges... Ah si ! Peut-être la
base du script. L'arrivée inopinée d'un drôle de couple que l'on
pourrait plus ou moins décrire comme des sortes de ''Man''
et ''Woman in
Black''
sans lunettes noires dans la vie d'Edgar (Caleb Scott) et de son
épouse Susan (Nili Bassman). Avec son générique étoilé et sa
bande musicale analogique signée Chris Hurn, The
Strange Dark
laisse en outre penser que l'on est peut-être ici devant une œuvre
de science-fiction. Ce qu'est bien le film puisque Edgar émet l'idée
qu'il est capable de lire dans l'avenir rien qu'en appuyant sur ses
globes oculaires à l'aide de ses poings. Traité sous différents
tons, comme sous celui du thriller et de la comédie, le long-métrage
de Chris Messineo démarre sur des bases solides qui pourtant vont
ensuite s'effriter rapidement par la seule présence des deux
étrangers venus frapper à la porte d'Edgar et de Susan. Sur le
principe du film découpé en sept chapitre, le récit remonte le fil
du temps en incluant d'autres personnages. Comme un adolescent (John
Beckwith), fils de l'entreprise qui emploie Maria (Carmen Borla),
Frank (Bates Wilder) ainsi qu'Edgar (lequel a fuit son poste avec
entre les main, des informations très importantes). Ou comme Taylor
(Carson Jean Holley), la fille du couple qui jusqu'à son apparition
au sein de l'intrigue restera planquée dans sa chambre aux côtés
de son petit ami Cole (Athan Sporek)...
Mais
si le film s'effondre sur ses propres fondations, ça n'est pas tant
parce que son auteur a choisi de traiter son sujet sous l'angle du
huis-clos théâtral, sans effets-spéciaux superflus ou en
abandonnant le spectateur avant même que ce dernier ait été
directement le témoin des hypothèses avancées et prouvées par
Edgar, mais parce que le jeu extrêmement caricatural de certains
interprètes plombe littéralement l'intérêt du film. Et au titre
de grande reine du surjeu brodant autour d'un personnage qui se
voudrait l'Antagoniste avec un grand A du récit, l'on trouve Carmen
Borla. Un jeu outré, probablement voulu par le cinéaste et par son
actrice, mais surtout, un jeu DANGEREUX tant la forme que prend
l'interprétation pourrait éventuellement laisser supposer que
Carmen Borla est mauvaise. Le problème avec Maria et que l'on ne
rencontre fort heureusement pas chez Bates Wilder dont le personnage
a généralement la bonne idée de ne pas se lancer dans de grandes
diatribes est qu'il est pratiquement impossible d'identifier le
personnage autrement qu'à travers l'incessant cabotinage dont fait
preuve Carmen Borla. Bref, à travers son jeu peu crédible,
l'actrice nous sort régulièrement du film et de son histoire. À
vrai dire, le phénomène se répète chaque fois qu'elle ouvre la
bouche ou se lance dans des mouvements amples mais parfaitement
inutiles... Volontairement humoristique et abordant cette longue
soirée chez Edgar et Susan sous l'angle de l'humour noir, The
Strange Dark
s'aventure sur les mêmes territoires que ceux traités par The
Man from Earth
de Richard Schenkman ou par Brad Anderson et son génial Happy
Accidents.
Offrant chaque fois des thématiques différentes mais cherchant à
résoudre une énigme qui apparaît aux yeux des mortels tout à fait
incroyable. Mais malheureusement, Chris Messineo échoue dans sa
mission et l'on passe de deux classiques indémodables et surtout,
inégalables à un petit film certes sans prétentions mais
finalement très en deçà de nos attentes. Au final l'on se retrouve
devant une œuvre dont le fond est au départ très intrigant mais
dont la forme ruine tous les efforts entrepris par le réalisateur et
par ses interprètes...
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