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mardi 29 septembre 2026

Redux Redux de Kevin & Matthiew McManus (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis leurs débuts, les frères MacManus n'ont cessé de collaborer ensemble sur les six projets qu'ils ont mis en scène. De leurs débuts en 2006 et jusqu'en 2009, période durant laquelle ils réalisèrent trois courts-métrages, puis dès 2012, avec leur premier long format, la comédie dramatique Funeral Kings, suivie en 2020 du thriller horrifique et de science-fiction The Block Insland Soundpuis en 2026 de Redux Redux qui lui-même investi ce même mélange des genres. Deux frères, deux cinéastes qui prennent leur temps entre chaque film et qui signent cette année 2026 une œuvre pas du tout inintéressante puisqu'elle explore la tragédie d'une femme dont la fille a été kidnappée et assassinée par un tueur en série. Un prédateur dont les deux réalisateurs, producteurs et scénaristes ne font pas longtemps mystère puisque l'on découvre rapidement qu'il s'agit d'un certain Neville (Jeremy Holm). Un employé de cafétéria qui enlève donc des adolescentes pour les assassiner dans sa demeure avant de faire disparaître les corps en dehors de la ville. Un sujet somme toute plutôt conventionnel pour un traitement qui par contre sort des sentiers battus. Un thriller, un drame, mais tout comme pour le précédent long-métrage de Kevin et Matthew McManus, mâtiné de science-fiction. Car incapable de faire son deuil, Irene Kelly (incarnée par Michaela McManus, la sœur des deux réalisateurs) voyage non pas à travers le temps dans ce qui pourrait sembler être une boucle temporelle la renvoyant au même endroit au même moment mais bien dans des univers parallèles. Ce que l'on a coutume d'appeler de nos jours des multivers. En effet, à bord d'un appareil en forme de cercueil dont les frères McManus semblent se désintéresser des origines, la jeune femme poursuit celui qui dans d'autres mondes n'est pas différent de celui qu'elle a déjà assassiné dans le sien. Quel que soit le Neville qu'elle a rencontré parmi les dizaines, les centaines ou les milliers d'univers qu'elle a déjà croisé, tous sont les mêmes et tous sont de monstrueux prédateurs. Et à chaque fois, c'est la même chose, Irene repère et assassine systématiquement le meurtrier de sa fille Anna (Grace Van Dien) qui à chaque fois fait partie des victimes du monstre. Sauf que lors d'un saut dans l'un des univers parallèles, la mère de famille tombe sur la jeune fugueuse Mia (Stella Marcus) en s'introduisant dans le repère du tueur. Nouvelle victime de Neville, elle décide de lui venir en aide...


Redux Reduxtourne donc principalement autour de ces trois personnages. Si la première partie se concentre sur le procédé employé par Irene pour voyager dans le multivers, la seconde est surtout consacrée à la relation qu'elle et Mia vont entretenir. Deux fortes personnalités qui désirent chacune se venger de Neville. Quant à la troisième, nettement plus sombre et poisseuse, elle s'inscrira dans le thriller glauque, changeant drastiquement le visage du long-métrage même si durant tout le récit, une certaine noirceur colle aux personnages. Si le côté science-fiction se réduit ici généralement au concept de voyage dans le multivers à bord d'un engin dont malheureusement les deux frères laissent de côté les origines de sa conception, un personnage secondaire en la personne de la contrebandière Billie (Taylor Misiak) laisse durant un temps espérer que le spectateur soit éclairé au sujet de cette machine dont on ne sait qui la construite. Toujours est-il qu'au vu de celle-ci, le script donne l'impression qu'elle a été fabriquée de manière artisanale et non officielle. Une invention faite de bric et de broc. Conçue par le directeur artistique Stephen Dudro et par Kevin McManus, la machine ne fait appel à aucune espèce d'effet-spécial autre que quelques étincelles et de la fumée. Pas d'effets numériques, donc, mais une explosion signifiant qu'elle est sa (ses) passagère viennent d'effectuer un voyage dans un monde parallèle. Par delà cet élément qui fait l'originalité du long-métrage, Redux Redux creuse deux sujets directement liés à la perte d'un enfant. L'impossibilité pour l'une des deux héroïnes de faire le deuil de sa fille et la maternité de substitution lorsque Mia entre dans la vie d'Irene et que celle-ci la protège comme s'il s'était s'agit de sa propre enfant. Entre classicisme et innovation, Redux Redux tangue entre la bonne surprise et le thriller convenu. La première partie, divertissante lorsque nous est montrée la vengeance d'Irene sous différentes méthodes, est plutôt sympathique. Comme la rencontre avec Mia, jeune femme survoltée dont la relation avec l'héroïne principale est plutôt intéressante. La suite s'apparentant parfois au road movie fait de rencontres plus ou moins hasardeuses est un peu plus problématique puisque brisant le rythme du récit. Par contre, la fin, elle, est vraiment convaincante. Surtout lorsque les deux femmes se retrouvent piégées dans le repaire du tueur. Le film virant à l'horreur pure, dans des décors nocturnes particulièrement sordides. Bref, Redux Redux est d'une manière générale plutôt réussi...


 

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