Depuis leurs débuts, les
frères MacManus n'ont cessé de collaborer ensemble sur les six
projets qu'ils ont mis en scène. De leurs débuts en 2006 et
jusqu'en 2009, période durant laquelle ils réalisèrent trois
courts-métrages, puis dès 2012, avec leur premier long format, la
comédie dramatique Funeral Kings,
suivie en 2020 du thriller horrifique et de science-fiction The
Block Insland Soundpuis
en 2026 de Redux Redux
qui
lui-même investi ce même mélange des genres. Deux frères, deux
cinéastes qui prennent leur temps entre chaque film et qui signent
cette année 2026 une œuvre pas du tout inintéressante puisqu'elle
explore la tragédie d'une femme dont la fille a été kidnappée et
assassinée par un tueur en série. Un prédateur dont les deux
réalisateurs, producteurs et scénaristes ne font pas longtemps
mystère puisque l'on découvre rapidement qu'il s'agit d'un certain
Neville (Jeremy Holm). Un employé de cafétéria qui enlève donc
des adolescentes pour les assassiner dans sa demeure avant de faire
disparaître les corps en dehors de la ville. Un sujet somme toute
plutôt conventionnel pour un traitement qui par contre sort des
sentiers battus. Un thriller, un drame, mais tout comme pour le
précédent long-métrage de Kevin et Matthew McManus, mâtiné de
science-fiction. Car incapable de faire son deuil, Irene Kelly
(incarnée par Michaela McManus, la sœur des deux réalisateurs)
voyage non pas à travers le temps dans ce qui pourrait sembler être
une boucle temporelle la renvoyant au même endroit au même moment
mais bien dans des univers parallèles. Ce que l'on a coutume
d'appeler de nos jours des multivers. En effet, à bord d'un appareil
en forme de cercueil dont les frères McManus semblent se
désintéresser des origines, la jeune femme poursuit celui qui dans
d'autres mondes n'est pas différent de celui qu'elle a déjà
assassiné dans le sien. Quel que soit le Neville qu'elle a rencontré
parmi les dizaines, les centaines ou les milliers d'univers qu'elle a
déjà croisé, tous sont les mêmes et tous sont de monstrueux
prédateurs. Et à chaque fois, c'est la même chose, Irene repère
et assassine systématiquement le meurtrier de sa fille Anna (Grace
Van Dien) qui à chaque fois fait partie des victimes du monstre.
Sauf que lors d'un saut dans l'un des univers parallèles, la mère
de famille tombe sur la jeune fugueuse Mia (Stella Marcus) en
s'introduisant dans le repère du tueur. Nouvelle victime de Neville,
elle décide de lui venir en aide...
Redux Reduxtourne
donc principalement autour de ces trois personnages. Si la première
partie se concentre sur le procédé employé par Irene pour voyager
dans le multivers, la seconde est surtout consacrée à la relation
qu'elle et Mia vont entretenir. Deux fortes personnalités qui
désirent chacune se venger de Neville. Quant à la troisième,
nettement plus sombre et poisseuse, elle s'inscrira dans le thriller
glauque, changeant drastiquement le visage du long-métrage même si
durant tout le récit, une certaine noirceur colle aux personnages.
Si le côté science-fiction se réduit ici généralement au concept
de voyage dans le multivers à bord d'un engin dont malheureusement
les deux frères laissent de côté les origines de sa conception, un
personnage secondaire en la personne de la contrebandière Billie
(Taylor Misiak) laisse durant un temps espérer que le spectateur
soit éclairé au sujet de cette machine dont on ne sait qui la
construite. Toujours est-il qu'au vu de celle-ci, le script donne
l'impression qu'elle a été fabriquée de manière artisanale et non
officielle. Une invention faite de bric et de broc. Conçue par le
directeur artistique Stephen Dudro et par Kevin McManus, la machine
ne fait appel à aucune espèce d'effet-spécial autre que quelques
étincelles et de la fumée. Pas d'effets numériques, donc, mais une
explosion signifiant qu'elle est sa (ses) passagère viennent
d'effectuer un voyage dans un monde parallèle. Par delà cet élément
qui fait l'originalité du long-métrage, Redux
Redux creuse
deux sujets directement liés à la perte d'un enfant.
L'impossibilité pour l'une des deux héroïnes de faire le deuil de
sa fille et la maternité de substitution lorsque Mia entre dans la
vie d'Irene et que celle-ci la protège comme s'il s'était s'agit de
sa propre enfant. Entre classicisme et innovation, Redux
Redux tangue
entre la bonne surprise et le thriller convenu. La première partie,
divertissante lorsque nous est montrée la vengeance d'Irene sous
différentes méthodes, est plutôt sympathique. Comme la rencontre
avec Mia, jeune femme survoltée dont la relation avec l'héroïne
principale est plutôt intéressante. La suite s'apparentant parfois
au road movie fait de rencontres plus ou moins hasardeuses est un peu
plus problématique puisque brisant le rythme du récit. Par contre,
la fin, elle, est vraiment convaincante. Surtout lorsque les deux
femmes se retrouvent piégées dans le repaire du tueur. Le film
virant à l'horreur pure, dans des décors nocturnes particulièrement
sordides. Bref, Redux Redux est
d'une manière générale plutôt réussi...
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