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lundi 19 octobre 2026

Hopeu (Hope) de Na Hong-jin (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Depuis son premier long-métrage en 2008 intitulé Chugyeokja (The Chaser) en passant par Hwanghae (The Murderer) en 2010 et jusqu'à l'extraordinaire Gokseong (The Strangers) en 2016, le cinéaste sud-coréen Na Hong-jin ne nous a jamais déçu. Après une décennie de silence en dehors d'un court-métrage signé en 2023 qu'il a comme toujours écrit et produit lui-même, l'homme nous revient donc dix ans après son dernier chef-d’œuvre. Un Gokseong dense, dantesque, absolument remarquable et redéfinissant à l'époque et de manière éclatante les visages du Mal et du thriller asiatique avant qu'en 2021 le cinéaste hongkongais Soi Cheang ne vienne briser de manière persistante nos certitudes avec le monstrueux Limbo. Dix années à nous demander comment Na Hong-jin allait s'y prendre pour se relever d'un troisième film presque ''définitif'', clouant sur place presque toute concurrence. Et puis, vint Hopeu (Hope) que le réalisateur allait une fois encore produire et écrire lui-même. Plus de deux heures et trente minutes d'un cinéma que l'on a déjà la prétention de connaître si l'on suit le cinéma de son auteur depuis leurs origines. Et il est vrai qu'au départ, l'on retrouve l'immense interraction entre la mise en scène, la photographie de Hong Kyung-pyo déjà présent sur le tournage de Gokseong, les décors ainsi que le montage du fidèle Kim Sun-min... Si d'aucun peut apprécier la maestria de Na Hong-jin qui durant une première heure en met plein la vue avec la traque d'une créature monstrueuse et gigantesque par le chef de la police Ko Beom-seok (Hwang Jeong-min) et l'ancien colonel à la retraite Ahn Nak-yeon (Lee Sang-hee) dans un petit village sud-coréen du nom de Hope Harbor, cette longue, très longue et même trop longue séquence permet de souligner le manque de profondeur généralisé qui entachera le récit jusqu'à son terme. Pourtant, il y a bien ça et là quelques éléments qui promettent le surgissement d'une pointe ne serait-ce que très minime d'un scénario mais curieusement, Na Hong-jin semble préférer s'adresser aux amateurs de gros blockbusters qui tâchent qu'aux véritables amateurs de science-fiction proposant la rencontre entre les habitants d'un petit village et des créatures venues d'ailleurs. Car si dans un premier temps Hopeu semble s'inscrire dans la mythologie sud-coréenne en faisant intervenir un Jihaguk Daejeok de trois mètres de haut dévastant tout sur son passage, la suite laisse espérer un tempo plus lent instaurant enfin le message que l'ufologue en herbe rêve de découvrir à travers le dernier long-métrage de Na Hong-jin...


Le film peut d'ailleurs se voir comme une œuvre hybride. Tout d'abord parce que son auteur s'amuse une fois encore à brouiller les pistes entre horreur, fantastique, science-fiction et comédie (le vieux témoin insistant sur son irrépressible envie de chier) mais aussi parce que comme écrit un peu plus haut, il évoque sous certains aspects cette œuvre fantasmée d'une rencontre extraordinaire entre l'homme et des êtres intelligents venus d'ailleurs mais qui malheureusement n'arrivera jamais... Dire que Hopeu est bourrin serait un euphémisme. Et même si lors des rares moments d'accalmie il n'est pas interdit d'entrevoir l'espoir (c'est le cas de le dire) d'une œuvre proposant enfin un script solide et humaniste, Na Hong-jin retombe de nouveau dans ses travers et exploite encore et encore le concept de confrontation entre l'homme et ce qui s'avèrent être en fait des extraterrestres échoués à la surface de notre planète. À dire vrai, en dehors de la découverte de vaches mortes dans des conditions relativement étranges, l'analyse d'un spécimen extraterrestre qui rappelle peu ou prou celles du The Thing de John Carpenter, l'explication concernant l'agressivité des créatures ou la découverte et l'exploration de leur vaisseau dont l'architecture semble faire de l'oeil à celui des xénomorphes d'Alien de Ridley Scott, Hopeu n'est qu'une succession de scènes d'action. Pas ou (très) peu de réflexion pour un scénario qui tient en une seule ligne : en mettre plein la vue aux spectateurs. Alors, oui, la mise en scène est brillante, vertigineuse et maîtrisée. Mais pour le reste, mon dieu ce que l'on peut être à des années-lumière de Gokseong. Si l'on prend les deux heures et trente-sept minutes que dure l'ensemble du long-métrage, nous sommes en droit d'être déçus. Les créatures sont comme très souvent dans ce genre de film loin d'être représentées telles que l'on imagine des civilisations lointaines capables de voyager à travers l'espace et grâce à des technologies avancées. De plus, elles cachent mal leurs origines numériques. Entre textures et animation ratées, le film termine de n'être qu'un blockbuster bourrin, peu inspiré, très académique et dont le message est tellement enfoui sous l'action qu'il s'avère finalement très résiduel. Une immense déception...

 

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