Je croyais avoir au moins un ami dans mon entourage. Jusqu'à ce que
je fasse l'erreur de suivre son conseil et que je me lance dans la
projection de Soldier
de Paul W.S. Anderson. Oui, oui, l'auteur d'innombrables séries B
fantastique de facture très moyenne et parmi lesquelles l'on trouve
notamment quatre épisode de la franchise Resident
Evil,
la première adaptation cinématographique de la licence de jeux
vidéos Mortal
Kombat
en 1995, le space opera horrifique Event Horizon
: Le Vaisseau de l'au-delà
réalisé deux ans plus tard, le crossover Alien
vs. Predator
en 2004 ou encore le très mauvais Monster Hunter
il y a six ans... Affirmant à travers moult arguments que Soldier
est une petite bombe, un super film de science-fiction mâtiné
d'action ou une alternative intéressante au déjà pas terrible
Universal Soldier
que réalisa six ans auparavant Roland Emmerich, l'ami en question
m'épargna fort heureusement l'achat au prix prohibitif de
quatre-vingt dix euros, un dvd généralement épuisé... Invité en
grandes pompes mais tout de même pas affublé d'un costard-cravate,
l'expérience fut pourtant aussi peu concluante que celle vécue lors
de la projection de Event Horizon : Le Vaisseau
de l'au-delà.
Décidément enclin à tourner des séries B d'une pauvreté
artistique et scénaristique qui sont sa marque de fabrique, Soldier
n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des failles qui émaillent le
cinéma de Paul W.S. Anderson. Produit à hauteur de soixante-quinze
millions de dollars, on se demande encore où est passé le budget.
Sans doute une partie importante de l'argent est-elle passée de la
main des producteurs au portefeuille de Kurt
Russell, immense star du cinéma américain qui rien que la décennie
précédente enchaîna ce que d'aucun peu juger de classiques de la
série B. Fidèle collaborateur du réalisateur John Carpenter durant
un temps, rien que dans le courant des années quatre-vingt, les deux
hommes ont travaillé ensemble sur trois projets : New
York 1997
(Escape from New York)
en 1980, The Thing
en 1982 et Les
Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin
(Big Trouble in Little
China)
en 1986...
Sans
oublier l'excellent biopic qu'ils consacrèrent à Elvis Presley à
la toute fin des années soixante-dix, Le
Roman d'Elvis (Elvis).
Sans parler de l'excellent Buddy Movie Tango
et Cash
d'Andreï Kontchalovski en 1989. Dans Soldier
où l'acteur américain tient le rôle principal du sergent Todd
3465, Kurt Russell est malheureusement sous-exploité. Habituellement
charismatique, Paul W.S. Anderson le transforme en personnage dénué
de toute émotion et particulièrement taiseux. Bref, pas de quoi
pour lui de faire étalage de son talent, lequel est placé au second
plan derrière une musculature aiguisée et une force d'intervention
particulièrement redoutable. Littéralement jeté sur la
planète-décharge Arcadia
234,
Todd est recueilli par les habitants d'une colonies qui ne vivent que
grâce aux déchets qui régulièrement sont largués au sol par une
organisation terrienne chargée de former des soldats d'élite
auxquels appartenait justement Todd jusqu'à ce qu'il ait été
officiellement reconnu comme mort après avoir affronté un certain
Caine 607 (Jason Scott Lee). L'action se déroule en 2036 et le lieu
principal où se situe le récit confirme que l'on est là devant un
film d'action et de science-fiction. Rien de bien extraordinaire
malheureusement puisque le scénario est réduit à sa plus simple
expression. Forçant le trait du personnage monolithique, Kurt
Russell brille sans doute moins à l'image que la superbe actrice
danoise Connie Nielsen qui interpréta l'année précédente le
personnage de Christabella Andreoli dans L'associé
du Diable
de Taylor Hackford avant de devenir célèbre grâce au personnage de
Lucilla dans Gladiator
de Ridley Scott en 2000. Bourrin, Soldier
semble avoir fait illusion auprès de certains spectateurs qui
adoubent son contenu. Pourtant, le film n'est rien moins qu'un piteux
ersatz du Mad Max 2
du réalisateur australien George Miller...
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