À l'heure actuelle, The
Invasion
du réalisateur, scénariste et acteur allemand Oliver Hirschbiegel
est la quatrième et dernière adaptation sur grand écran du roman
de science-fiction dystopique The
Body Snatchers
de l'écrivain américain Jack Finnley et dont la première parution
date de 1955. Quant à sa traduction française, d'abord renommée
sous le titre Graines
d'épouvante
avant de ressortir en 1994 sous celui de L'invasion
des profanateurs,
elle fut mise pour la première fois à disposition des lecteurs en
1977... On ne reviendra pas sur les deux premières adaptations
cinématographiques qui demeurent même longtemps après leur sortie
au cinéma deux monuments de la science-fiction. Passons sur la
version largement surestimée d'Abel Ferrara en 1993 pour nous
concentrer sur la dernière, sortie sur les écrans en 2007. À son
tour, Oliver Hirschbiegel met en scène quelques grandes vedettes du
cinéma américain puisque l'héroïne est incarnée par l'actrice
Nicole Kidman, laquelle est notamment accompagnée de Daniel Craig
qui se fit surtout connaître dans le rôle de l'agent secret James
Bond auquel il prêta ses traits à cinq reprises. Ici, le duo
incarne une version ''alternative'' des personnages interprétés en
1978 dans Invasion of the Body Snatchers
de Philip Kaufman par Brooke Adams et Donald Sutherland puisque même
si les prénoms changent et si les sexes sont inversés, l'on
retrouve les mêmes patronymes. Carol Bennell et Ben Driscoll venant
ainsi prendre la place d'Elizabeth Driscoll et Matthew Bennell. Ces
derniers ayant déjà pris celles de Becky Driscoll et Miles Bennell
de la version de 1956 réalisée par Don Siegel. Seul Abel Ferrara
n'usera pas de cette récurrence dans l'emploi des patronymes puisque
les héros du récit auront pour nom Malone, Young ou encore Platt...
Si l'on se souvient ensuite de l'hommage rendu par Philip Kaufman à
l'acteur principal de Invasion of the Body
Snatchers de
Don Siegel, Kevin McCarthy lors d'une courte apparition dans la
version de 1978, Oliver Hirschbiegel fait de même avec l'actrice
Veronica Cartwright qu'il intègre au récit de The
Invasion
tout en lui prêtant une identité tout à fait différente de son
personnage de Nancy Bellicec puisque désormais elle incarne celui de
Wendy Lenk, une patiente de la psychiatre Carol Bennell, laquelle est
donc interprétée par Nicole Kidman. Le script de David Kajganich
auquel ont participé non officiellement les frères Laurence et
Andrew Paul Wachowski qui à l'époque n'ont pas encore opéré leur
transition sexuelle diffère par rapport aux deux premières versions
en ce sens où l'héroïne a désormais un fils...
Il
n'est donc plus ici question pour elle de préserver uniquement son
intégrité psychologique et sa seule existence mais bien celle de
l'enfant qu'elle a mis au monde avec un homme dont elle est depuis
divorcée (Jeremy Northam dans le rôle de Tucker Kaufman).
Heureusement, notre héroïne ne sera pas seule et pourra notamment
compter sur le soutien de Ben Driscoll (Daniel Craig) et sur celui du
Docteur Stephen Galeano (Jeffrey Wright), un scientifique généticien
qui n'aura de cesse que d'étudier l'organisme qui transforme tout
être humain entré à son contact en individu dénué de toute
émotion. Il y a désormais deux choses à prendre en considération.
Oliver Hirschbiegel traite son sujet sous un angle beaucoup moins
pessimiste que ses prédécesseurs puisque l’espoir de trouver un
remède à cette pandémie est réel. Une pandémie, oui, autre
manière d'aborder le thème de l'invasion par des organismes
extraterrestres. Car dans le cas de The Invasion,
il n'est désormais plus question de graines ou de cosses permettant
à de nouveaux organismes de se développer et ainsi prendre la place
de l'hôte d'origine. Désormais, le concept de Body
Snatching
est traité sous l'angle de la maladie. Avec ce que cela peut
sous-entendre comme conséquences sur la population ou sur le fait
qu'il puisse exister comme toute maladie qui se respecte, des
personnes immunisées. Généralement ''atomisé'' par la presse
spécialisée et par les spectateurs, The
Invasion
est plutôt une bonne surprise dès lors que l'on ne l'identifie pas
automatiquement à ses prédécesseurs. Et surtout pas aux version de
Don Siegel et Philipe Kaufman qui lui sont évidemment et éminemment
supérieures. Difficile de prendre la relève, surtout vingt-cinq ans
après la vision ultra pessimiste et paranoïaque du second. Pour
autant, et même si l'effroi n'est généralement pas au rendez-vous
dans cette version 2007, on ne s'ennuie pas. Le charisme de Daniel
Craig, l'éclat de Nicole Kidman et la bouille craquante du tout
jeune Jackson Bond qu'interprète Oliver faisant tout le reste...
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