Steven Spielberg est né
le 18 décembre 1946. Six mois et vingt et un jour plus tard ainsi
qu'à une distance de plus de deux mille kilomètres de son lieu de
naissance est venu s'écraser dans un ranch près de Roswell, un
objet volant non identifié. Alors âgé de quelques mois seulement,
il y a donc peu de chance que l'événement ait eu un impact direct
sur la passion du réalisateur américain pour le phénomène des
ovnis. Les origines de son intérêt pour le sujet semblent remonter
à ses dix ans, lorsque dans le désert du Nevada il assiste à une
pluie de météorites qui selon ses propres termes, ''l'introduit
au monde se situant au-delà de notre planète...'' Comme bon
nombre de simples citoyens ou de chercheurs croyant fermement à
l'existence de civilisation extraterrestres, Steven Spielberg semble
avoir toujours essayé de mettre en place diverses hypothèses à
travers son art. Et bien que l'on puisse souvent imaginer que sa
première tentative d'incartade dans le ''merveilleux'' monde des
extraterrestres fut Close Encounters of the Third Kind
(Rencontres du troisième type) en 1977,
l'histoire personnelle du Steven Spielberg cinéaste remonte en
réalité à quelques années en arrière. En effet, après trois
courts-métrages réalisés entre 1959 et 1961, l'américain réalise
son premier long format au début des années soixante. Intitulé
Firelight
et d'une durée de cent-trente cinq minutes, le film traite du
phénomène ovni et d'enlèvements extraterrestres. Steven Spielberg
est alors âgé de seulement dix-sept ans. Encore étudiant, il
profite des week-end et des soirées pour tourner ce qu'il jugera
plus tard et avec une certaine ironie comme l'un des pires films de
l'histoire du cinéma. Réalisateur, scénariste, directeur de la
photographie, compositeur de la bande musicale et monteur, le tout
jeune Steven s'occupe de tout mais ne bénéficie que d'un tout petit
budget ne dépassant les cinq-cent dollars. Projeté une seule fois
sur grand écran dans la salle de cinéma d'une petite localité
américaine, Firelight
attirera malgré tout cinq-cent spectateurs et rapportera la somme de
501 dollars. Le film rapportant finalement à son auteur (financé
par ses proches) un dollar de plus que la somme engagée...
Depuis,
le mythe qui entoure le long-métrage provient du fait qu'il soit
devenu totalement invisible de nos jours. Impossible en effet de
pouvoir le chopper sur une quelconque plate-forme de streaming légale
ou non. Un véritable objet de fantasmes pour les fans du cinéaste
et pour les ufologues en herbe... Persévérant donc quelques années
plus tard avec Close Encounters of the Third Kind
et
son budget conséquent pour l'époque d'environ vingt millions de
dollars, il reviendra ensuite à l'une de ses premières passions
avec E.T. the Extra-Terrestrial (E.T.,
l'extra-terrestre)
en 1982 dans lequel un extraterrestre échoué sur notre planète
était accueilli et protégé par un enfant de dix ans du nom
d'Elliot. Alors que l'extraterrestre en question tentait de
communiquer avec ceux de son espèce, sa présence sur notre planète
allait intéresser l'armée. Elliot ainsi que son frère Michael et
sa sœur Gertie allaient alors tout mettre en œuvre pour aider E.T a
rejoindre un vaisseau venu de sa planète natale pour le récupérer...
Dans le genre, ce film très divertissant, amusant et même parfois
très émouvant, précédait de plus de quarante ans la sortie de la
troisième adaptation du roman anxiogène et paranoïaque de
H.G.Wells, The War
of the Worlds.
Après un premier long-métrage culte réalisé en 1953 par Byron
Haskin, une vision toute personnelle mais tout aussi indispensable
signée du réalisateur et scénariste polonais Piotr Szulkin sous le
titre Wojna Swiatów - Nastepne Stulecie
en 1981, c'est en 2005 que Steven Spielberg s'attaque à ce récit
universel pour en proposer une version parfois impressionnante mais
gâtée par un Tom Cruise qui cabotine trop souvent et finit par
agacer par infantilisme et ruiner tout intérêt pour une œuvre
manquant en outre cruellement d'inspiration...
Et
puis, voici que Steven Spielberg nous revient en 2026 avec le tant
attendu Disclosure Day...
Dire que j'émettais des doutes autour de moi après avoir découvert
il y a quelques mois la bande-annonce serait un euphémisme. Mais
après plus de deux heures et vingt minutes, du haut de ses
soixante-dix neuf ans, et même si l'on n'est pas un adorateur du
cinéaste américain mais juste un spectateur plus ou moins curieux
de son œuvre, l'on constate que Steven Spielberg est encore et
toujours capable du meilleur. Humaniste, prônant l'empathie chez les
Hommes, traitant de religion et donc de croyance, remettant en
question les fondements les plus intimes de chaque être humain,
Disclosure Day
est sans doute à l'image du sujet qu'abordent certains protagonistes
et notamment le ''méchant'' du film, Noah Scanlon qu'incarne
l'acteur britannico-italien Colin Firth. Lequel conçoit avec
difficulté que l'humanité puisse être préparée à certaines
révélations. Un combat qui va d'ailleurs l'opposer aux véritables
héros du récit, Margaret Fairchild, Daniel Kellner, Jane Blakenship
et Hugo Wakefield qu'incarnent respectivement Emily Blunt, Josh
O'Connor, Eve Hewson et Colman Domingo. Dans Disclosure
Day,
outre l'évocation de la Religion, il est question de messagers,
d'artefact extraterrestre extrêmement puissant permettant à celui
ou celle qui le détient de contrôler l'esprit de tel ou tel
individu. Mais le film traite également de la civilisation humaine à
laquelle Steven Spielberg pose une question apparemment simple mais
qui s'avère en réalité excessivement complexe : sommes-nous
prêts à connaître la vérité ? Et après l'avoir découverte,
la remise en question de l'existence de Dieu par une ''entité'' qui
lui serait potentiellement supérieure mènerait-elle l'humanité au
chaos ? En optimiste doublé d'humaniste, Steven Spielberg
préfère laisser chacun étudier la question lors d'un final
absolument magnifique et bouleversant. Bien évidemment, du haut de
son statut de ''simple'' fiction Disclosure Day,
tout comme bien d'autres avant lui, ne demeure encore aujourd'hui que
l'expression d'un rêve pour celles et ceux qui veulent y croire. Le
film ne remettra donc pas en question les croyances des Fous de Dieu
et ne modifiera pas la perception des complotistes. Rien de vraiment
grave puisque cela ne reste que du cinéma. Du GRAND cinéma. Où
l'un des grands maître du septième art tutoie une nouvelle fois les
étoiles et rend plus que jamais concrète l'idée qu'ailleurs
existent des civilisations qui ne veulent sans doute que notre
bien...
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