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vendredi 12 juin 2026

Disclosure Day de Steven Spielberg (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Steven Spielberg est né le 18 décembre 1946. Six mois et vingt et un jour plus tard ainsi qu'à une distance de plus de deux mille kilomètres de son lieu de naissance est venu s'écraser dans un ranch près de Roswell, un objet volant non identifié. Alors âgé de quelques mois seulement, il y a donc peu de chance que l'événement ait eu un impact direct sur la passion du réalisateur américain pour le phénomène des ovnis. Les origines de son intérêt pour le sujet semblent remonter à ses dix ans, lorsque dans le désert du Nevada il assiste à une pluie de météorites qui selon ses propres termes, ''l'introduit au monde se situant au-delà de notre planète...'' Comme bon nombre de simples citoyens ou de chercheurs croyant fermement à l'existence de civilisation extraterrestres, Steven Spielberg semble avoir toujours essayé de mettre en place diverses hypothèses à travers son art. Et bien que l'on puisse souvent imaginer que sa première tentative d'incartade dans le ''merveilleux'' monde des extraterrestres fut Close Encounters of the Third Kind (Rencontres du troisième type) en 1977, l'histoire personnelle du Steven Spielberg cinéaste remonte en réalité à quelques années en arrière. En effet, après trois courts-métrages réalisés entre 1959 et 1961, l'américain réalise son premier long format au début des années soixante. Intitulé Firelight et d'une durée de cent-trente cinq minutes, le film traite du phénomène ovni et d'enlèvements extraterrestres. Steven Spielberg est alors âgé de seulement dix-sept ans. Encore étudiant, il profite des week-end et des soirées pour tourner ce qu'il jugera plus tard et avec une certaine ironie comme l'un des pires films de l'histoire du cinéma. Réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur de la bande musicale et monteur, le tout jeune Steven s'occupe de tout mais ne bénéficie que d'un tout petit budget ne dépassant les cinq-cent dollars. Projeté une seule fois sur grand écran dans la salle de cinéma d'une petite localité américaine, Firelight attirera malgré tout cinq-cent spectateurs et rapportera la somme de 501 dollars. Le film rapportant finalement à son auteur (financé par ses proches) un dollar de plus que la somme engagée...


Depuis, le mythe qui entoure le long-métrage provient du fait qu'il soit devenu totalement invisible de nos jours. Impossible en effet de pouvoir le chopper sur une quelconque plate-forme de streaming légale ou non. Un véritable objet de fantasmes pour les fans du cinéaste et pour les ufologues en herbe... Persévérant donc quelques années plus tard avec Close Encounters of the Third Kind et son budget conséquent pour l'époque d'environ vingt millions de dollars, il reviendra ensuite à l'une de ses premières passions avec E.T. the Extra-Terrestrial (E.T., l'extra-terrestre) en 1982 dans lequel un extraterrestre échoué sur notre planète était accueilli et protégé par un enfant de dix ans du nom d'Elliot. Alors que l'extraterrestre en question tentait de communiquer avec ceux de son espèce, sa présence sur notre planète allait intéresser l'armée. Elliot ainsi que son frère Michael et sa sœur Gertie allaient alors tout mettre en œuvre pour aider E.T a rejoindre un vaisseau venu de sa planète natale pour le récupérer... Dans le genre, ce film très divertissant, amusant et même parfois très émouvant, précédait de plus de quarante ans la sortie de la troisième adaptation du roman anxiogène et paranoïaque de H.G.Wells, The War of the Worlds. Après un premier long-métrage culte réalisé en 1953 par Byron Haskin, une vision toute personnelle mais tout aussi indispensable signée du réalisateur et scénariste polonais Piotr Szulkin sous le titre Wojna Swiatów - Nastepne Stulecie en 1981, c'est en 2005 que Steven Spielberg s'attaque à ce récit universel pour en proposer une version parfois impressionnante mais gâtée par un Tom Cruise qui cabotine trop souvent et finit par agacer par infantilisme et ruiner tout intérêt pour une œuvre manquant en outre cruellement d'inspiration...


Et puis, voici que Steven Spielberg nous revient en 2026 avec le tant attendu Disclosure Day... Dire que j'émettais des doutes autour de moi après avoir découvert il y a quelques mois la bande-annonce serait un euphémisme. Mais après plus de deux heures et vingt minutes, du haut de ses soixante-dix neuf ans, et même si l'on n'est pas un adorateur du cinéaste américain mais juste un spectateur plus ou moins curieux de son œuvre, l'on constate que Steven Spielberg est encore et toujours capable du meilleur. Humaniste, prônant l'empathie chez les Hommes, traitant de religion et donc de croyance, remettant en question les fondements les plus intimes de chaque être humain, Disclosure Day est sans doute à l'image du sujet qu'abordent certains protagonistes et notamment le ''méchant'' du film, Noah Scanlon qu'incarne l'acteur britannico-italien Colin Firth. Lequel conçoit avec difficulté que l'humanité puisse être préparée à certaines révélations. Un combat qui va d'ailleurs l'opposer aux véritables héros du récit, Margaret Fairchild, Daniel Kellner, Jane Blakenship et Hugo Wakefield qu'incarnent respectivement Emily Blunt, Josh O'Connor, Eve Hewson et Colman Domingo. Dans Disclosure Day, outre l'évocation de la Religion, il est question de messagers, d'artefact extraterrestre extrêmement puissant permettant à celui ou celle qui le détient de contrôler l'esprit de tel ou tel individu. Mais le film traite également de la civilisation humaine à laquelle Steven Spielberg pose une question apparemment simple mais qui s'avère en réalité excessivement complexe : sommes-nous prêts à connaître la vérité ? Et après l'avoir découverte, la remise en question de l'existence de Dieu par une ''entité'' qui lui serait potentiellement supérieure mènerait-elle l'humanité au chaos ? En optimiste doublé d'humaniste, Steven Spielberg préfère laisser chacun étudier la question lors d'un final absolument magnifique et bouleversant. Bien évidemment, du haut de son statut de ''simple'' fiction Disclosure Day, tout comme bien d'autres avant lui, ne demeure encore aujourd'hui que l'expression d'un rêve pour celles et ceux qui veulent y croire. Le film ne remettra donc pas en question les croyances des Fous de Dieu et ne modifiera pas la perception des complotistes. Rien de vraiment grave puisque cela ne reste que du cinéma. Du GRAND cinéma. Où l'un des grands maître du septième art tutoie une nouvelle fois les étoiles et rend plus que jamais concrète l'idée qu'ailleurs existent des civilisations qui ne veulent sans doute que notre bien...

 

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