
Ce
qui d'une certaine manière peut s'avérer parfois une bonne chose
puisqu'un auteur n'ayant pas de moyens illimités, s'il veut pouvoir
se sortir du tout venant cinématographique doit tout d'abord faire
travailler son imagination pour proposer un produit original qui
retiendra l'attention des spectateurs non pas pour ses
effets-spéciaux mais pour son scénario. Si The
Signal
est original et ses atours plutôt élégants, c'est sans doute parce
que William Eubank n'a pas eu d'autre choix que d'opter pour une
œuvre intimiste. Et là, il faut bien comprendre que sous ce terme
se cache un long-métrage plus contemplatif que nerveux. Prenant
parfois des allures de film de science-fiction indépendant dont
l’objectif premier serait de se voir sélectionné au fameux
festival de Sundance, ce qu'il fut d'ailleurs en 2014.
Si
The Signal
est interprété par Brenton Thwaites que l'on reverra par la suite
dans The Giver
de Phillip Noyce, Maléfique
de Roibert Stromberg ou
Gods of Egypt
d'Alex Proyas, l’œuvre de William Eubank peut surtout attirer
l'attention du spectateur grâce à la présence à l'écran de
l'immense acteur Laurence Fishburne (La Couleur
Pourpre
de Steven Spielberg, The King of New York d'Abel
Ferrara, Boyz'n the Hood
de John Singleton ou Matrix de
Lana et Lilly Wachowski) qui dans le rôle du docteur Wallace Damon
attire le personnage incarné par Brenton Thwaites dans un complexe
scientifique souterrain après que ce dernier ait vécu en compagnie
de son ami Jonah et sa compagne Hailey (respectivement interprétés
par Beau Knapp et Olivia Cooke), une drôle de situation : la
rencontre d'une entité biologique extraterrestre (ou EBE).
Ce qui pouvait alors s'apparenter à une expérience
cinématographique intense échappant à toutes les contraintes
imposées aux grosses productions hollywoodiennes participe non
seulement à enrichir une œuvre plutôt sobre mais bénéficiant
d'effets visuels élégants et d'un propos intelligent, mais
malheureusement aussi à creuser un fossé entre le passionnant
scénario écrit à huit mains (le réalisateur, ainsi que Carlyle
Eubank, David Frigerio et Sebastian Gutierrez) et le rythme
soporifique de la mise en scène. Car oui, The
Signal
est mou et généralement ennyeux, parfois brouillon (la fin!) et au
final relativement décevant. L’œuvre de William Eubank n'est en
effet pas de celles qui enrichissent l'imaginaire du spectateur mais
plutôt, l'endorment. Le réalisateur ne trouve donc malheureusement
pas la juste recette permettant à son film d'être aussi sobre que
passionnant. Dommage.